Les Menuires – 20 fructidor an XVII – Livre Ier – Chant I : La rumeur.

Les Menuires – 20 fructidor an XVII – Livre Ier – Chant I : La rumeur.

An de grâce XVII. Sud-est du royaume de France. Des nouvelles inquiétantes arrivent de la frontière franco-italienne. Des témoignages étonnants se succèdent…les langues commencent à se délier malgré la folie et l’horreur des propos… Les maisons isolées aux confins des montagnes sont systématiquement attaquées, détruites, on parle de centaines de créatures parfois de milliers se massant en divers endroits…mais qui croire ? Comment est-ce possible ? Que fait le pouvoir central ? Où sont les chevagnards, féroces guerriers des montagnes, entraîner dès leur plus tendre enfance pour contrer toute nouvelle menace ? Celle-ci est inédite par sa soudaineté et sa force dévastatrice…qu’allons-nous devenir ?

Certains disent qu’on ne peut pas les exterminer et que leurs rangs grossissent de jour en jour…plus aucune liaison avec les autres royaumes et maisons depuis plusieurs lunes. Les pigeons voyageurs et autres coursiers partent mais ne reviennent plus.

Un homme est arrivé extenué, ces vêtements en lambeaux, il y a une dizaine de jours du côté de Saint Martin en Belleville. 
Nous l’avons accueilli, réchauffé, nourri mais impossible de le comprendre. Ses traits sont tirés et figés dans une terreur perpétuelle, on dirait qu’il a vu et affronté ses pires démons…

Aphasique dans un premier temps, il arrive maintenant à psalmodier toujours les mêmes sons et des dates, dans un français qui n’est plus usité depuis des lustres.

« …Les Ménuires…9 et 10 décembre 2017… » ; et ainsi de suite…

Folie, transe extatique ou vision funeste ?

Nous le saurons bien assez tôt. Trop tôt.

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