Les Menuires – 1 brumaire, an XVII – Livre Ier – Chant VI : Premières escarmouches.

ville– Viktor ! Kane ! Big Fab ! Je suis tellement heureuse de vous voir vivants ! Et le reste du groupe ? Qu’est-il advenu du Wampaa ?

Nous nous jetions dans les bras les uns des autres, nous tapant virilement sur l’épaule, trop heureux qu’il n’y ait pas eu d’autres victimes lors de l’épisode de la grotte.
Fièrement attablés au « Bouquetin fringant », auberge qui surplombe la Croisette, nous nous expliquions mutuellement comment s’était terminée notre dernière aventure.

J’avais tant de questions suite à l’attaque du Wampaa et à l’apparition de Nanouk. Après avoir longuement discuté avec le chaman, celui-ci avait ordonné à Judge, le géant des glaces, de me ramener directement à la Croisette. J’avais alors protesté, arguant qu’il fallait d’abord que je retrouve les émissaires, coincés je ne sais où avec un Wampaa assoiffé de sang !!
Nanouk me rassura, il ramènerait tout le monde sain et sauf.

Il avait tenu parole ; nous étions finalement tous réuni.

Big Fab, une échoppe à la main, Dragonslayer dans l’autre, faisait grand bruit quand il contait ses exploits à qui voulait l’entendre. Il y avait des rires, le son si particulier des verres qui s’entrechoquent, enfin un peu d’insouciance …malgré cette ambiance bon enfant, je sentais Viktor ailleurs, enveloppé dans un manteau tissé d’anxiété et de peur.

 

Je le rejoignais dehors.

– Viktor…je…

Il me fit signe de me taire et d’ouvrir mes oreilles.

J’entendais un sifflement lointain mais j’avais du mal à le traduire. C’était du cacaniolet. Une langue sifflée, millénaire, permettant de se parler à des distances importantes. Elle tombait un peu en désuetude dans nos contrées mais en temps de guerre, elle comportait bien des avantages.

Je vis ses pupilles se dilatter et son visage se tendre à la lumière de la torche.

– Vite Lady Guerre, nos veilleurs sont attaqués de l’autre côté de la Croisette !

Tel un bouquetin des Alpes, Viktor sauta en direction de la porte de l’auberge, prononca quelques paroles à ses hommes et nous voilà tous en armes, prêts à en découdre !

Alors que nous nous déplacions rapidement vers le lieu en question, je sentais mes amis inquiets. Depuis notre point de vue, nous apercevions des faisceaux lasers sur la Croisette, de la fumée et nombre d’explosions. La bataille faisait rage. Rapide. Chirurgicale. Impitoyable. Nous n’arriverions jamais à temps pour aider voire sauver nos veilleurs.

Alors que nous nous élancions, je lançai avec force « passa-franc, utilisons le passa-franc !!! ».

Tout le monde s’arrêta net.

Les regards se croisèrent. Viktor me dévisagea quelques secondes qui me parurent une éternité. Il se retourna vers la troupe et tout en levant sa lance dans les airs il s’écria d’une voix rauque : « PASSA-FRANC ! ».

En un instant, l’atmosphère venait de se charger d’adrénaline, de peur et d’excitation.

Nous nous dirigions maintenant vers le passa-franc.

Nous allions, peut-être, arriver à temps pour sauver nos troupes et combattre pour la première cet ennemi invisible.

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